Une expression béarnaise

 

« Escota si plau » (écoute s'il pleut) est une vieille expression béarnaise ironique qui vient du temps où les moulins à eau jouaient un rôle important dans nos villages. On l'utilisait pour se moquer des meuniers qui, souvent, attendaient désespérément la pluie pour pouvoir se mettre au travail.

> une autre explication ?

 

  Béarnaise ou universelle ?

 

Quelle ne fut pas notre surprise, lorsque notre patronyme a commencé à être connu, de découvrir, au fil des courriers reçus, qu'il existait, un peu partout en France des lieux-dits portant le même nom.
   


du côté d'Evry...


en rose les départements où l'expression nous a
été signalée, sous l'une des formes ci-dessous.

Moulins :

d'Escota si plau, à Montaner (Pyrénées-Atlantiques)

d'Escota se plau, à Mascarville (Haute-Garonne)

d'Escota se plau, ou d'Escuto quan plou, à Terre-Clapier (Tarn)

d'Escouto se plao, à Auriac-sur-Vendinelle (Haute-Garonne)

d'Escouto se pleou, à Meyras (Ardèche)

Le moulin d'Ecoute s'il pleut, à Pournoy-la-Grasse (Moselle), Clairfontaine (Aisne) Val-de-Saâne (Seine-Maritime) 

Le moulin de courte-pluie dans l'Indre (signalé par Lespy, en 1887) 

Moulin et ancien moulin de l'Escoute à Egletons (Corrèze) 

Le moulin d'Escouteplouye (détruit) à St-Pierre-d'Irube (Pyrénées-Atlantiques) 

Le Puits de Bordes du Rey dit le puits "d'Escoute Plouye" à Hastingues (Landes)

Marais d'Escoute pluye à Mouguerre (Pyrénées-Atlantiques) 

 

« Dans mon pays, les moulins à eau s’appellent des écoute-s’il-pleut », dit un Chouan dans « Le Chevalier Destouches », de Jules Barbey d’Aurevilly (1864).

Ruisseaux dans la Loire, l'Essonne, le Loir-et-Cher, l'Aude

à noter : On trouve aussi des ruisseaux de « court-s'il-pleut » à Concourson-sur-Layon (Maine-et-Loire) Saint-Pierre-du-Lorouer (Sarthe) e Sainte-Osmane (Sarthe)

  

Ruisseau d'Ecoute s'il pleut à Chery-Chartreuve (Aisne)

Ekoutsèpieu (source qui tarit) à Gruey-les-Surance (Vosges)

Rivière souterraine L’Escouto se plou à Saint-Antonin-Noble-Val (Tarn-et-Garonne).

Lieux-dits, rues :

Escota cuan plau à Lézignan (Aude) et à Terre-Clapier (Tarn)
Le bois d'Esgota-plojas près de Tarbes (Hautes-Pyrénées)

Escota se plou à St-Germain de Calberte (Lozère) 

Escouto-se-pleou à Sainte-Croix-Vallée-Française (Lozère) 

Escouta si plou à Corbère les Cabanes (Pyrénées-Orientales)

Escute se pleu à Ponget (Tarn-et-Garonne)
Ecoute s'il pleut près de Carvès (Dordogne)

à Verrières (Vienne) « Hameau de l'Ecoute-s'il-pleut »

Lentillac-du-Causse (Lot) « combe d'écoute s'il pleut »

Combe Laval (Isère) « Côte d'Ecoute s'il pleut  »

Imbleville (Seine-Maritime)

Marigny en Orxois (Aisne)

Romery, Fleury-la-Rivière, Avize (Marne) 

Voisins-le-Bretonneux (Yvelines) 

La Tardière, St-Michel-Le-Cloucq (Vendée)

Bondoufle, Evry, Fleury-Mérogis, Ris-Orangis (Essonne) 

Le Lions Club de Bondoufle a pris pour devise "Écoute s'il pleure..." Elle fait référence au ruisseau bien connu des Bondouflois, l'Écoute s'il pleut, le "pleut" ayant été changé en "pleure" pour rappeler que la mission principale du Lions Club est d'être à l'écoute des personnes  dans le besoin et la détresse. Alors ! Écoutons ... (extrait du site du Lions Club de Bondoufle)

Savigny-sur-Braye (Loir-et-Cher)

Valognes, Yvetot-Bocage (Manche) 

Marlhes (Loire) 

Etampes-sur-Marne, Dravegny (Aisne) 
St-Julien sur Sarthe (Orne)

Le Plessis-Robinson (Hauts-de-Seine) 

Beausoleil (Alpes-Maritimes) 

Charenton du Cher (Cher)

Domrémy (Vosges)

 

Maison dite Ecoute s'il pleut à Saint-Lunaire (Ille-et-Vilaine) 

Ecoute-Pluie à Epouville à Epouville (Seine-Maritime)

Ecoute-la-pluie à Les Pieux (Manche)

Guette-s'il-pleut à Guîtres (Gironde)

La goutte s'il pleut à Saint-Cyr-en-Val (Loiret)

Et encore...

 Ont aussi gardé ce nom :

- Le Domaine de loisirs de Gourdon (Lot)  
- les Ecuries de Plessis-lès-Tours
(Indre-et-Loire)

- le prix hippique de L'Ecoute s'il pleut à Maisons-Laffitte (Yvelines)

- une entreprise de BTP à Selles St Denis (Loir-et-Cher)

- la maison "Ecoute s'il pleut" à Champs-sur-Marne (Seine-et-Marne) où meurt Armand LANOUX le 23 mars 1983.
- un festival de jazz, à Rouen (Seine-Maritime) 

- une compagnie théâtrale de Savigny-sur-Braye (Loir-et-Cher)

- une association de conteurs à Leudeville (Essonne)

- une agence artistique à Paris

- un duo de Soissons (Aisne) et une chorale de Viry-Châtillon (Essonne)

- une association sportive et un atelier d'art à Callas (Var)

- et une collection de petits livres publiés à Saint-Lô (Manche) ont choisi cette appellation poétique...

- C'est le titre d'un recueil de poèmes de D. Drummond, d'une chanson de Barjavel, d'un calligramme d'Appolinaire, d'un roman de Guy Biraud...

- C'est aussi le titre du journal de l’association Tama-Yé (aide au Burkina Faso) 

- le nom initial de l'association qui a créé le «Printemps de Bourges» 

 

- L'Escotaploja c'est le nom de la revue d'APRENE - établissement d'enseignement supérieur occitan.

Par le monde

En Belgique 

l'Université de Houte si plou qui doit son nom à un hameau de Neupré, près de Liège, qui avait un moulin portant ce nom qui veut dire Ecoute s'il pleut.

Autres lieux en Belgique : Houte-Si-Plou (Aywaille, Hennuyères), Xhoute-si-Plout (Manhay), Xhoute-si-Plou (Malimpré), Houte-Si-Plou (Gerpinnes) (lien : Encyclopédie Wikipédia)

A Madagascar

Une association humanitaire, «Ecoute s'il pleut», domiciliée à Montauban (Tarn-et-Garonne), exerce son activité à Madagascar.

Au Canada

Une rivière «Ecoute-s'il-pleut» dans la province de Saskatchewan

Et même en Chine !

En Chine, écouter s'il pleut c'est une forme de méditation. Suzhou, patrie de l'architecte Peï, abrite le « Jardin de la Politique des simples ou de l'humble administration » (Zhuozheng yuan), avec le « Pavillon où l'on s'arrête à l'écoute de la pluie et de l'orage ».

A Nankin (Nanjing), au « Pavillon de la Grosse Cloche » on a appelé les toilettes - et oui ! - Maison de l'écoute de la pluie, écrit ainsi en chinois : 

Jiang Jié (1245–1310) a laissé un poème intitulé : « A l'écoute de la pluie », qui fait l'éloge du bonheur. 

 

Témoignages :  

Au Plessis-Robinson, comme nous le signale une internaute parisienne, on trouve encore une rue de l'étang de l'écoute s'il pleut. Et bien, figurez-vous que ce nom nous vient des déboires d'un Gascon célèbre, D'Artagnan, qui y avait un château et fit construire cet étang, au XVIIème siècle, pour fournir l'eau à quelques fontaines. Mais l'étang était mal alimenté et souvent à sec. Il n'échappa point à la moquerie des gens et fut baptisé ainsi avant d'être finalement asséché, au milieu du XXème siècle.

Au Plessis-Robinson, (autre version) : « Au moyen âge, la population augmentant, il fut décidé d'agrandir et de creuser un peu plus l'étang. Las, cela n'augmenta pas le débit des sources et l'été l'étang se mit à sentir si fort que les gens guettaient le retour de la pluie, seule capable de chasser la puanteur ! 
Cet étang fut plus tard comblé, mais le nom du chemin, devenu rue, lui a survécu.» Alain Gommerais.

Ecoute-s'il-Pleut, lieu-dit mitoyen de Carvès, St Germain-de-Belvès et de Sagelat (Dordogne).

« Ce lieu-dit s'articule autour d'une confluence de rus, bien intermittents, la Vallée et son affluent Le Neufond. Les autochtones croient, ou ont cru, que le moulin remontait loin dans l'histoire. Il porte, cependant gravée, la date de 1886 et la carte de Cassini ne le mentionne pas. Les idées reçues sont, comme chacun sait, les plus dures à éradiquer.» Pierre Fabre.

 


 

 

une autre explication arrivée sur le net : 

« J'ai moi aussi une version sur l'origine de ce joli nom : Je vous la livre telle que, car je ne me souviens plus de la source ....
A la fin de la guerre de cent ans, certains meuniers (scottish plaw en vieil anglais), s'étaient installés au bord des rivières et peut-être même avaient épousé des Françoises ... Le nom s'étant francisé au passage des siècles est devenu Ecoute s'il pleut ...... Pourvu que cette belle histoire soit vraie... Mais après tout qu'importe. Je me ravis de ces noms poétiques.
»  Jean-Marc

Dans la même veine...  

>>  Sur le site de Thierry LECERF

Encore une jolie interprétation

Alain BOYER nous écrit : « Il y a dans les environs de Saint Antonin (82140), à Ponget, un lieu particulier, en haut d'un pré en pente où vivait Louise, la mule de mon grand père, qui s'appelle « Escute se pleu ». Il domine la vallée de la Bonnette et est formé d'une toute petite falaise creusée d'une amorce de grotte (un trou de renard). Si on est attentif, on peut y entendre chanter le vent les veilles de jour de pluie... »

 

Ecoute-s'il-pleut-Guette-s'ils-viennent

Contribution de Jacques DESSUS : Sur la commune de Val-de-Saâne (76) existe un moulin, « Ecoute s'il pleut », dans le quartier d'Anglesqueville, attesté par la carte de Cassini, qui précise « Anglesgueville ». En réalité le microtoponyme complet était : « Ecoute-s'il-pleut-Guette-s'ils-viennent ». Poétique n'est-ce pas ? (Source bibliographique : Emile Berr, Le Figaro du 12/08/1918).

Si, vous aussi, vous connaissez des lieux-dits : «Escota si Plau» ou «Ecoute s'il Pleut», écrivez-nous. Nous constituerons une grande chaîne d'amitié autour de cette expression.  

 

Coordonnées (facultatif) : 

Nom : mél :  

 

 

ESCOTA si PLAU - 64510 ANGAIS
info@escotasiplau.com - chant.bearnais.free.fr - cantaulejada.free.fr

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